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Tourisme
Association pour la sauvegarde
et la promotion du patrimoine Industriel en Vaucluse
   


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Le département de Vaucluse recèle dans son sous-sol d’importants gisements d’ocres qui ont fait l’objet d’une exploitation très poussée à partir du XIXème siècle.

Chaque site possède des ocres de différentes nuances et le mélange de ce minerai donne une palette de couleurs infinies. Les gisements d’ocre du Vaucluse, les plus importants de France, sont situés dans la région d’Apt sur les communes de Goult, Saint Pantaléon, Roussillon, Gargas, Saint Saturnin-lès-Apt, Lagarde, Villars, Apt, Rustrel, Gignac ainsi que dans l’arrondissement de Carpentras à Villes-sur-Auzon et Mormoiron.


Les ocres sont connues depuis la plus haute antiquité et nos ancêtres s’en servaient pour l’ornementation de leurs cavernes. Toutefois, le début de l’exploitation de l’ocre se situe tardivement entre 1780-1785, lorsque Jean Etienne ASTIER, habitant à Roussillon, redécouvre les propriétés des terres jaunes et rouges de sa région et leurs pouvoirs inaltérables. Une nouvelle industrie est née qui fera, pendant des décennies la richesse de cette contrée du Vaucluse. Mais il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour voir l’ocre exploitée industriellement.


L’extraction du minerai d’ocre se fait, soit à ciel ouvert, soit par galeries, sans boisage, suivant que la couche stérile est grande ou faible. Ce travail s’effectue à l’aide de pioches, barres à mine, explosifs, et plus récemment d’engins mécaniques.
La commune de Gargas possède, à elle seule, un réseau de 40 km de galeries d’une hauteur de 10m environ. Les mauvaises conditions de travail et le manque de rigueur des exploitants amenèrent les pouvoirs publics, dès 1885, à prendre des mesures pour réglementer l’extraction du minerai dans les carrières.

L'industrie de l'ocre en VaucluseO

Dès la fin du XIXème siècle, cette industrie, localisée dans le bassin d’Apt et de Mormoiron, attire de nombreux jeunes cultivateurs qui espèrent faire fortune dans la fabrication de l’ocre. En 1885, 12 carrières s’ouvrent à Rustrel et 22 à Gargas. La création de la ligne de chemin de fer d’Apt à Cavaillon en 1877 a certainement favorisé l’essor de cette industrie. Le transport du minerai se fait dans des charrettes dont les roues détériorent les chemins et c’est dans des barils de bois, construits sur place, que l’ocre est alors transportée à destination de la France et des pays étrangers.


A l’aube du XXème siècle, un groupe d’industriels de la région d’Auxerre, où se trouve le gisement d’ocre le plus important après celui du Pays d’Apt, fonde avec l’appui de quelques industriels vauclusiens, la Société des Ocres de France. Face à cette redoutable concurrence, les autres ocriers vauclusiens se regroupèrent et créèrent le Comptoir des Ocres Françaises.
La production de l’ocre du Pays d’Apt est, à cette époque là, satisfaisante : 22 000 tonnes dont 98% à l’exportation. Ce chiffre de production atteint 36 000 tonnes à la veille de la première guerre mondiale et de 40 000 tonnes en 1929, chiffre que ne sera jamais dépassé. La crise économique de 1929, les droits douaniers, de plus en plus importants, la perte du marché espagnol en 1936 et l’apparition des produits synthétiques portent un coup fatal à cette industrie. Tombée à 20 000 tonnes en 1938, la production d’ocre ne cesse de baisser pour se situer autour de 2 000 tonnes en 1971.
En 1991, deux entreprises étaient encore en activité produisant 1 000 tonnes d’ocre, chacune, par an. Dix ans plus tard, une seule société continue à produire 1 000 tonnes par an.


Même si des améliorations ont été apportées au matériel et à l’outillage des ocriers, la technique et la fabrication de l’ocre reste toujours la même : l’extraction du minerai, le lavage ayant pour but de séparer l’ocre marchande des sables inertes, la décantation et le séchage dans de grands bassins, le broyage et le conditionnement. Les propriétés exceptionnelles de l’ocre permettent un usage dans bien des cas : fabrication des peintures et badigeons, coloration des bétons, des enduits, des cartons d’emballages de luxe, de caoutchoucs, de linoléum, de carreaux de céramique, dénaturation du sel.



Rédaction : Association pour la Sauvegarde et la Promotion du Patrimoine Industriel en Vaucluse (A.S.P.P.I.V.)